Viviane GRANIERI
Maître Praticien en PNL - Hypnose - EFT - Rebirth
Ashtanga et Kundalini Yoga - Psycho-Somatothérapeute - Coach de Vie - Coach Mental - Lyon - Valence - Saint-Etienne

La passivité et le Thérapeute

Dans une approche sensorielle, la principale difficulté à surmonter est d’accepter la passivité. Il n’y a rien à faire, rien à vouloir, rien à comprendre, rien à interpréter, juste à ressentir physiquement et se laisser porter par ce ressenti. Il s’agit seulement d’être spectateur en se laissant aller au fil de ses sensations, sans objectif particulier et sans a priori sur les images, les sons, les textures, les odeurs et les saveurs qui ont laissé en nous des traces susceptibles de se manifester.

Passivité, également, pour celui qui, éventuellement, vient en aide. En effet, il arrive parfois que la seule aide que peut apporter celui qui accompagne est de permettre à celui qui souffre de se connecter puis de rester en prise avec ses sensations. Habituellement, le thérapeute prend en charge les personnes en difficulté. C’est lui qui sait et qui soigne. Le résultat repose alors principalement sur ses connaissances et sur son habileté personnelle à les mettre en pratique. À l’inverse, ici, il s’agit de laisser chacun trouver seul son chemin. Se contenter d’être témoin, ne rien vouloir, ne rien savoir, sont les conditions indispensables pour que le fil fragile des sensations puisse correctement se dérouler. Lors d’une séance, il n’est pas rare qu’après une courte mise en route, plus aucune phrase ne soit échangée avant la fin. Pour être parfaitement clair, la seule aptitude requise pour celui qui vient en aide est, si besoin, de savoir déconnecter l’intellect le plus résistant. Aucune compétence médicale n’est nécessaire. En ce sens, l’utilisation de cette technique ne relève pas de la thérapie mais s’apparente plutôt à une formation à l’utilisation de notre mémoire sensorielle. Mais contrairement à ce que l’on pourrait supposer de prime abord, la simplicité de la démarche ne la rend pas pour autant aisé. En effet, ce n’est pas facile de ne pas tenir le premier rôle, d’accepter de ne pas savoir, de se contenter de n’être qu’un passeur discret qui permet à chacun de s’aventurer en lui-même jusqu’à sa guérison.

La passivité est également présente dans la guérison puisque, là encore, il s’agit de laisser faire. Il semble que le seul fait de se reconnecter sensoriellement, consciemment, avec l’origine de la souffrance suffise à la désactiver. Pas de soin ou de traitement particulier, pas de conditionnement psychologique, pas d’acte symbolique. Il est juste préférable d’éviter d’intellectualiser les sensations perçues pendant la séance pour ne pas freiner la guérison naturelle et spontanée.

La guérison

La guérison est totale, complète. Il ne peut y avoir de demi-mesure : c’est tout ou rien. La peur disparaît dès que sa source a été sensoriellement revisitée. Si, malgré tout, la peur est toujours active après une première introspection, elle sert de support pour remonter plus loin encore dans le ressenti. En effet, à partir de l’événement d’origine qui a créé la peur, de nombreuses situations similaires se succédent généralement en s’empilant et en amplifiant chaque fois la peur. Pour remonter sensoriellement jusqu’au cœur de la peur, il faut parfois en affronter l’écorce et les couches successives. En clair, on sait que l’on est arrivé à destination lorsque la peur ne se manifeste plus. Et si la peur disparaît, les comportements qu’elle engendrait cessent également.

Cette guérison systématique, en l’état actuel de notre démarche, connaît néanmoins des limites. En effet, la disparition de la souffrance devient très aléatoire si cette souffrance s’accompagne de maladies physiques ou de comportements compulsifs (anorexie, bégaiements, tocs). Dans ce cas, tant du point de vue émotionnel que physique, le résultat est parfois spectaculaire. D’autres fois, sans comprendre encore pourquoi, ça ne marche pas. Aussi, dans cet article, seules les souffrances émotionnelles sans complication physique ont été prises en compte : phobies, états dépressifs chroniques, inhibitions, irritabilité, angoisses et obsessions.